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Annonce de colloques (page en français)


La Biologie de Synthèse modifie-t-elle notre conception du vivant ?

Colloque sur invitation uniquement

Académie des Technologies, Paris, 8-9 décembre 2016 

Organisateurs : Alexei GRINBAUM, François KEPES, Thierry MAGNIN

                                                  

« Une œuvre de l’homme peut être naturelle selon l’essence et artificielle selon le mode de production », affirme un livre du XIIIe siècle. Dans la vieille tradition de l’alchimie philosophique, cet ouvrage produit par l’homme à l’aide de la technique, quel qu’il soit, a le nom grec : synthésis, une composition. En se servant de ce même nom, la biologie de synthèse ambitionne de placer entre le naturel et l’artificiel un troisième terme : bios, la vie. Ce faisant, elle soulève une vénérable question philosophique : comment la capacité à fabriquer du vivant, désormais réelle et scientifique, influe-t-elle sur notre façon d’imaginer et d’appréhender la vie ?

« Par essence, la biologie de synthèse vise à reconcevoir la vie », affirma la Royal Society en 2008. Quelques années plus tard, elle remplaça le mot « vie » dans la définition de cette discipline par « système biologique » naturel ou artificiel. La vie semble donc poser problème aux scientifiques et pourtant, dans la société, elle est consensuellement comprise comme « un don, […] un droit enraciné dans la dignité inaliénable » des êtres. La notion de système, quant à elle, n’a pas ce même halo et n’accuse pas la même importance. Quel est le changement de sens ou de référence lorsqu’on dit « organisme vivant » plutôt que « système biologique » ?

« Ce qui fait, ce qui est fait, sont indivisibles » : Paul Valéry définissait la vie par l’absence de toute séparation entre les détails et l’ensemble, le projet et sa réalisation, l’intention de celui qui pense et le jeu spontané de la nature. Cette vie indivisible fut pour Valéry un « temple » : l’homme lui devait respect et vénération. En faisant de l’homme le bâtisseur privilégié de tels « temples », la biologie de synthèse efface-t-elle la frontière sacrée qui les distingue des espaces profanes ?

« Tout individu a droit à la vie » : cet article de la Déclaration des droits de l’homme est universellement connu, mais de quels individus et de quelle vie parle-t-il ? Un organisme, peut-être un humain, dont le génome a été édité selon un dessein prémédité, donc plus efficace, plus résistant, plus intelligent, moins aléatoire, jouit-il du même statut social et légal qu’une œuvre de la nature ? Qu’il soit ainsi construit le rend-il moins vivant, même si, de l’extérieur, l’exécution en lui d’un projet n’est pas perceptible ? Faut-il prendre en compte l’histoire biologique ou la composition corporelle d’un individu pour définir ses droits en société ?

Ces quatre citations délimitent le champ du débat autour de la notion de vie, aujourd’hui en pleine évolution : la conception scientifique du vivant évolue avec l’accumulation des connaissances en biologie et avec le développement des instruments de précision. Certains affirment qu’avec la biologie de synthèse, il est devenu possible de démontrer que la science ne définit pas la vie. Or elle la construit et elle lui donne aussi une finalité technologique et industrielle : des organismes sont fabriqués afin d’améliorer les procédés ou faciliter la production de substances utiles. Le monde économique, dont la biologie de synthèse fait partie, est régi par des normes, qui reposent sur des définitions ; or la science refuse de définir la vie. Devons-nous, en conséquence, nous libérer de ce terme en le supprimant de tous nos textes juridiques et codes moraux ?

Le colloque « La biologie de synthèse modifie-t-elle notre conception du vivant ? » soulèvera plusieurs questions autour de la notion de vie, qui s’étendent de l’économie à la philosophie, du droit à la théologie, tout en maintenant sur elles un regard informé par la science. Vie, autonomie, imitation, intention, désir : autant de termes qui constituent un repère fondamental pour nous situer dans le monde en lui donnant un sens. Nous nous y orientons à l’aide de connaissances, de récits, d’images, de chants, mais aussi de procédés de fabrication, dont la signification est sans cesse repensée à l’aune de la science nouvelle. La prise de conscience de telle reconfiguration du monde et de l’homme ne devient possible que dans un échange et une conversation qui engagent des représentants de diverses disciplines. Ce colloque en offrira une occasion.

 Programme et intervenants :

  8 décembre

09:30

Présentation du colloque et des intervenants

Thierry Magnin, Alexei Grinbaum et François Képès

10:00 Exposé Thomas Heams - L'ingénierie du vivant, défi technique ou théorique ?
11:00 Exposé Olivier Rey - Biologie de synthèse et faculté de juger
12:00 Déjeuner
13:30 Exposé Michael Azoulay - Pour une définition religieuse du vivant
14:30 Exposé Patrick Gaudray Réécrire le vivant, entre prétentions et promesses
15:30 Pause
16:00 Table-ronde 1 Thierry Magnin, Cecilia Bognon-Küss, Alexei Grinbaum et François Képès
17:00 Fin

 9 décembre

09:00 Exposé                                                                               Maaike van der Lugt - Penser la fabrication du vivant au Moyen Âge. Aux limites de la théologie et des sciences
10:00 Exposé Jacques Dewitte - Le "factum" peut-il vaincre le "genitum" ?  Réflexions critiques
11:00 Exposé Perig Pitrou - Anthropologie de la vie et anthropologie des techniques. Un croisement fécond pour étudier les conceptions du vivant
12:00 Déjeuner
13:30 Exposé Georges Chapouthier - La complexité en mosaïque : du vivant aux machines
14:30 Exposé Paul Colonna - La biologie de synthèse dans la bioéconomie: une version plus évoluée du génie métabolique ou un changement de paradigme ?
15:30 Pause

 

16:00 Exposé Jean-François Mattei - Biologie de synthèse, nouvelle médecine, enjeux éthiques
17:00 Table-ronde 2                    Sacha Loeve, Thierry Magnin, Alexei Grinbaum et François Képès
18:00 Fin
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   Congratulations to the iGEM-Evry 2018 team that was nominated for the "best composite part" price, and that won a Gold Medal at the final world iGEM jamboree. To follow their work, please visit their wiki.

 

 The annual spring School on advances in Systems and Synthetic Biology (aSSB) becomes an autumn School, on November 18-22, 2019.

 iSSB is pleased to announce the creation of the spin-off Synovance, founded by two former iSSB researchers.

 The spin-off of iSSB Inovactis, founded by two former mSSB students, won the national competition I-Lab 2017 organized each year by the Ministry of Higher Education and Research to encourage the most innovative technologies.

  Based on publications in synthetic biology, an independent study (Nov 2015) found that iSSB ranks 3rd lab in Europe and 9th in the world, despite a comparatively small size.